Tous les prix littéraires 2007 , les 20 meilleurs livres de l'année .. Voilà plusieurs remises de prix pour des écrivains qui pointent leurs nez (ou qui ont déjà eu lieu). Je vais donc éssayer de présenter quelques livres.

Les Disparus , Par Daniel Mendelsohn
Flammarion , 26€
Qu'étaient devenus Shmiel et Ester, ainsi que leurs quatre filles, après l'invasion de la Pologne en septembre 1939? Seul le dénouement est connu: «Tués par les nazis.» Mais à quelle date et dans quelles circonstances? Avaient-ils été victimes d'une rafle ou d'une dénonciation isolée? Dictée par l'antisémitisme ambiant? Par l'envie ou la cupidité? Et comment ses frères et soeurs d'Amérique et de Palestine avaient-ils réagi aux appels à l'aide de Shmiel? D'où venait la culpabilité diffuse des survivants, sinon du regret d'avoir échoué à secourir leur aîné? L'auteur des Disparus raconte les tours et les détours de son enquête à la façon du peintre qui donnerait à voir chaque trait de pinceau: rumeur, fausse piste, méprise ou démenti. En parallèle, plus il se livre lui-même, confessant le rapport sadique qu'enfant il fit endurer à l'un de ses frères, et plus cet accent de vérité donne du relief aux témoins survivants (Mme Begley à New York, Jack Greene ou Meg Grosbard à Sydney, Klara Freilich à Stockholm). Mendelsohn accompagne son récit d'une relecture des grands épisodes de la Bible, prétexte à une extraordinaire méditation sur les sources de la jalousie, du meurtre, de la lâcheté ou du courage. Trois convictions dominent: il faut rechercher quelle autre histoire cache ou trahit celle qui vient d'être racontée; la violence ne se déchaîne pas seulement au contact de l'étranger, mais peut parfois couver entre les proches; nul ne peut jurer qu'il aurait été ou qu'il sera du parti du bien ou de l'héroïsme.
Les disparus appartiennent à la famille des livres qui laissent une trace indélébile. La nuit qui a englouti ces six-là (les six parmi les six millions de Juifs exterminés), Daniel Mendelsohn la tient d'abord à distance, mais cette distance décroît de page en page. Si bien que, plus nous approchons du point final, plus cette nuit-là, par la grâce d'une spontanée, trébuchante et lumineuse prière, nous envahit à notre tour, glacée et vertigineuse. Le récit creusait l'attente? Il s'achève par le sentiment d'une mise en présence. Que par la même occasion Mendelsohn puisse nous donner l'envie d'interroger la Bible, Proust et le regard, réjoui ou suppliant, de notre prochain n'est pas le dernier de ses mérites.
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Les Belles choses que porte le ciel , par Dinaw Mengestu
Albin Michel , 21,50€
A seize ans, après l'exécution de son père, Stephanos a fui l'Ethiopie pour les Etats-Unis.
Après des études d'ingénieur, il finit par ouvrir une petite épicerie dans un quartier paumé de Washington. Il rompt sa solitude en retrouvant le soir deux amis africains, qu'il a rencontrés lorsqu'il était bagagiste dans un grand hôtel: Ken le Kenyan, un garçon qui croit au grand rêve américain, et Joe, un Congolais beaucoup moins optimiste sur son propre avenir. Un jour, une femme blanche, Judith, et sa fille métisse, Naomi, s'installent à côté de chez Stephanos. Des liens d'affection se nouent entre l'épicier et ses deux voisines. Agé seulement de vingt-neuf ans, l'Américain d'origine éthiopienne, Dinaw Mengestu, réussit un premier roman en tout point époustouflant, aux personnages particulièrement bien décrits. Magistrale peinture de l'Amérique interraciale, Les belles choses que porte le ciel parlent sans fard ni cliché - mais non sans émotion - de l'intégration et des rapports de classe.
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Alabama Song , Gilles Leroy (A remporté le prix Goncourt )
14,25€
Le lieutenant Fitzgerald a vingt et un ans et déjà beaucoup de talents. Il danse à merveille toutes les danses à la mode, m'apprend le turkey trot, le maxie et l'aéroplane ; il écrit des nouvelles que la presse publiera bientôt, il en est certain ; il est propre et élégant, il sait le français – c'est grâce à sa connaissance du français qu'il a été fait lieutenant d'infanterie après ses classes à Princeton, les francophones jouissant d'un privilège qui les propulse officiers – et surtout il est propre et soigné, sa mise d'une coquetterie presque dandy. » Celle qui s'exprime ainsi, c'est Zelda Sayre, la fille du juge Sayre, petite-fille d'un sénateur et d'un gouverneur, véritable diable à tête blonde de Montgomery, Alabama. La « Southern Belle » et l'officier deviennent après-guerre des célébrités adulées par le Tout-Manhattan, ils font la une des journaux, ont leurs portraits au frontispice des théâtres et des cinémas. Ils sont beaux et photogéniques : les années 20 leur appartiennent. De l'Alabama à l'aile psychiatrique du Highland Hospital de Ashville où elle est suivie pour troubles mentaux intermittents, Zelda se souvient de cette vie qui ressemblait à un « cloaque de chic », comment ils ont pu s'aimer au départ et comment ils se sont supportés toutes ces années. Alabama Song traduit avec brio la douceur et le tranchant, l'immobilité et le chaos d'un monde qui bascule. Avec inspiration et finesse, Gilles Leroy fait tomber un à un tous les masques et redessine en creux un portrait neuf de Zelda Fitzgerald.
Zelda Fitzgerald
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Chagrin d'école, Par Daniel Pennac (A remporté le prix Renaudot)
18,05€
« Donc, j'étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l'école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n'étais pas le dernier de ma classe, c'est que j'en étais l'avant-dernier. (Champagne !) Fermé à l'arithmétique d'abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l'apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d'ailleurs aucune activité parascolaire. » Dans la lignée de Comme un roman, Chagrin d'école est donc un livre qui concerne l'école. Non pas l'école qui change dans la société qui change, mais, « au cœur de cet incessant bouleversement, sur ce qui ne change pas, justement, sur une permanence dont je n'entends jamais parler : la douleur partagée du cancre, des parents et des professeurs, l'interaction de ces chagrins d'école ». Daniel Pennac entremêle ainsi souvenirs autobiographiques et réflexions sur la pédagogie et les dysfonctionnements de l'institution scolaire, sur la douleur d'être cancre et la soif d'apprendre, sur le sentiment d'exclusion et l'amour de l'enseignement. Entre humour et tendresse, analyse critique et formules allant droit au but, il offre ici une brillante et savoureuse leçon d'intelligence. Ce Chagrin d'école s'impose déjà comme un livre indispensable.
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Amélie Nothomb , Ni d'Eve ni d'Adam (a remporté le prix Flore )
17,01€
Article déjà présent sur ce blog
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Yannick Haenel , Cercle (A reçu le prix Décembre)
19,95€
Est-il possible d'affirmer un jour : « Je suis prêt ? » « Ce matin-là, j'ai pensé : c'est possible. Je n'avais aucune idée de la manière dont ces choses deviennent possibles, et pourtant, en quelques secondes, je l'ai su. Il existe un courage bizarre qui vous pousse à détruire vos habituelles raisons de vivre. C'est un courage d'abîme et de lueurs, le courage des solitudes brusques, celui qui accompagne les nouveaux départs. Est-ce lui dont j'ai senti le passage furtif ? Le train de 8h7 s'est éloigné, il a glissé doucement sur les rails, et lorsqu'il a disparu dans le tunnel, la lumière a déferlé d'un seul coup entre les pylônes de la station : une giclée de lumières qui vous éclaboussent le visage dans un spasme chaud, et les reflets gris-bleu de la Seine, un bouquet de miroitements venus de l'autre rive, les feuillages rouges dans vos yeux, la virevolte des oiseaux dans le soleil, et vous, le visage tendu vers la tiédeur du ciel, enveloppé de pétales en feu. » Ce matin-là, à la station Champ de mars, Jean Deichel décide de ne pas se rendre à son travail. Plus jamais. Il aura suffit d'une phrase lancinante, obsédante. Il jette le contenu de sa sacoche par-dessus la rambarde du pont de Bir Hakeim , déambule dans Paris et éprouve comme un vertige très calme. Sa façon de marcher, sa respiration, tout se fait large. Depuis l'instant de 8h7, il ne se doit plus au temps compté de la société.
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Olivier Adam , A l'abri de rien.
17,10€
Une nuit, alors qu'elle est en panne sur la route, un "Kosovar" ("Tout le monde les appelait les Kosovars, mais c'étaient surtout des Irakiens, des Iraniens, des Afghans, des Pakistanais, des Soudanais, des Kurdes...") lui change le pneu de sa voiture. Marie bascule alors du côté de ces invisibles, sans papiers et sans identité, en perpétuelle errance depuis la fermeture de Sangatte ("Je n'ai jamais compris pourquoi ils l'avaient fermé ce camp. Les choses n'avaient fait qu'empirer."). Au côté de son amie Isabelle et d'associations caritatives, elle tente de donner le minimum à ceux qui n'ont rien : papiers, vêtements, soins, chaleur humaine. Mais comment combler un gouffre, arrêter la police, s'opposer aux contrôles, aux expulsions? Marie néglige sa famille, oublie ses enfants. Marie en fait trop (ou pas assez...), passe du côté de l'illégalité, dérive, bascule dans la folie pour réparer l'injustice du monde. Un roman bouleversant où se superposent et s'affrontent la misère ordinaire d'un quotidien sans espoir et le dénuement total d'exilés pourchassés. Entre ces deux univers, gens d'ici et malheureux d'ailleurs, peu de solidarité, la haine parfois prête à surgir. L'émotion affleure à chaque phrase de ce récit tendu, où une héroïne fragile se fracasse sur les récifs de l'existence. Un des beaux romans de la rentrée.
Voilà , j'espère que tout ceci vous inspirera de bonne lecture. Comme vous l'aurez constaté , j'ai indiqué les prix des livres. Ils sont d'ailleurs assez élevés. (trop élevés même). Mais bon soyons patient, les éditions poches ne tarderont pas à sortir.
Publié par un-peu-de-lecture